Il y a des lieux qui ne sont d’abord que des passages, des endroits fonctionnels, presque invisibles. On y va parce qu’on doit, sans les regarder vraiment. Mais parfois, un simple escalier, un pont de métal, une passerelle industrielle peut devenir un miroir silencieux, un révélateur intérieur. Ce matin-là, à Paris, il ne s’agissait que d’ un trajet banal : aller de l’hôtel au congrès, traverser la passerelle des Ardennes, rejoindre le salon professionnel. Rien de plus. Et pourtant, au moment où mes pas ont résonné sur les pavés humides, je me suis arrêté. Devant moi, l’escalier s’élevait, raide, usé, griffé de graffitis. Le métal portait les marques de milliers de passages , de colères inscrites à la bombe, de révoltes silencieuses figées en couleurs. Je l’ai vu autrement. Comme un seuil. Comme un espace suspendu entre deux mondes. L’escalier, frontière et tremplin Chaque marche semblait une frontière . Monter, c’était quitter quelque chose. Descendre, c’était revenir en arrière. E...
Les histoires cachées derrière chaque image urbaine en noir et blanc