Depuis plusieurs années, je photographie Tours avec régularité. Pas dans l’idée d’accumuler des images, ni de “faire le centre” comme on coche une case sur une carte. J’y retourne. Encore et encore. Aux mêmes endroits. À des heures différentes. Parfois sous la pluie, parfois dans le silence d’un matin d’hiver, parfois dans la lumière dorée d’une fin de journée d’été. À force, quelque chose s’est produit . Les images ont commencé à dialoguer entre elles. Certaines parlaient de solitude. D’autres de transmission. D’autres encore de mémoire. Je me suis rendu compte que je ne photographiais pas simplement une ville. Je photographiais une continuité . Une présence ancienne qui traverse le présent. Alors l’idée m’est venue presque naturellement : et si je traçais un parcours ? Non pas un circuit touristique, mais un chemin sensible. Un fil conducteur. Un thème. J’ai choisi de l’appeler L’âme ancienne de Tours . Ce parcours peut se parcourir en environ une heure, à un rythme tranquille. Il ...
Je me souviens très précisément de ce moment. J’étais sur le Pont Wilson , le pont de pierre, sans projet, sans contrainte . Une balade photo comme on en fait parfois, quand on ne cherche rien d’autre que le fait d’être dehors. Je regardais vers l’ouest, là où la Loire s’élargit et où le regard finit toujours par partir plus loin que la ville. Dans mes écouteurs, One . Une musique qui accompagne les questions sans jamais y répondre. Il y avait ce léger flottement intérieur. Cette sensation d’être à un carrefour sans panneau. Qu’est-ce que je vais faire maintenant. Qu’est-ce que je vais découvrir. Rien d’angoissant, plutôt une disponibilité. Comme ces papillons qu’on ne poursuit plus, mais qu’on laisse venir se poser, s’ils en ont envie. Le ciel était vaste, changeant, presque trop grand pour la ville. La Loire, elle, restait immobile, fidèle à sa ligne, indifférente à mes états d’âme. Et puis, au moment de partir, juste avant de rompre l’instant, je me retourne. Par réflexe. Par habi...