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Articles

Affichage des articles du août, 2025

Quand une photo raconte plus que ce qu’elle montre

Il y a des jours où une simple balade devient une révélation . Rien de prévu, rien d’exceptionnel. Juste une marche, les écouteurs dans les oreilles, la voix d’Anthony Kiedis des Red Hot Chili Peppers qui résonne à plein volume dans Under the Bridge . Une chanson de mélancolie, de solitude et de quête intérieure. Et puis, soudain, au détour d’une rue de Tours, un détail accroche le regard. Deux jouets posés là , contre un mur, au pied d’un portail en fer. Abandonnés ? Oubliés ? Offerts au hasard des passants ? Nul ne le sait. Mais leur présence, incongrue , se charge d’un sens inattendu. Une créature au regard fuyant, presque maladroite. À ses côtés, un cygne blanc, la tête haute, le cou dressé, les yeux fixés vers l’horizon. Deux silhouettes de plastique, immobiles mais tellement parlantes. Je sors mon téléphone , m’accroupis, cadre en noir et blanc, et déclenche. La couleur aurait brouillé le message. Ici, seule la posture compte, seule la forme raconte. L’art de voir ce que le hasa...

Vieux Tours, entre pierres et regards

Marcher dans les pas d’Atget Il y a des matins où l’on sort marcher sans programme, seulement guidé par l’intuition que la ville offrira quelque chose à qui saura regarder.  C’était un de ces matins dans le Vieux Tours. Les pavés luisants encore mouillés de la nuit, les façades serrées, les enseignes à demi effacées : tout invitait à la lenteur. J’errais, attentif, le téléphone à portée de main. Je n’avais pas de sujet précis. J’étais en mode chasseur d’instants, ce mode d’attention particulier où l’on se laisse surprendre. La photographie de rue ne se prévoit pas vraiment : elle advient. Elle naît d’un pas, d’un angle, d’une lumière qui soudain s’impose. Et ce matin-là, la ville semblait vide, comme endormie. Peu de monde dans les ruelles. Juste le silence. Puis un homme surgit. Il entra dans mon champ de vision comme un acteur qui, par hasard, monterait sur scène. Silhouette sombre, manteau fermé, marche tranquille. Quelques secondes à peine pour saisir l’instant. Je m’accroupis,...

Le Monstre de Tours : quand l’art urbain rencontre la vie quotidienne

Entre provocation et fascination, la bête s’impose Il y a des lieux que l’on traverse chaque jour sans vraiment les regarder. Des places que l’on connaît par habitude, mais qui recèlent un détail, une œuvre, un mystère qui change notre regard sur la ville. À Tours, sur la célèbre Place du Grand Marché, une sculpture attire inévitablement l’attention : Le Monstre, œuvre imposante et anguleuse de l’artiste Xavier Veilhan. Ce géant polygonal, mi-animal mi-créature fantastique, ne laisse personne indifférent. Certains l’adorent, d’autres le rejettent, mais tous finissent par en parler. Un jour, assis sur un banc, appareil photo en main, j’ai voulu capturer cette présence étrange. Et c’est à ce moment-là que la scène s’est écrite d’elle-même, entre art, mouvement et quotidien. Le jour où j’ai rencontré le Monstre J’étais assis, cherchant le bon angle pour photographier cette silhouette massive. Le soleil filtrait à travers les arbres, projetant des ombres mouvantes sur les pavés de la plac...