J’étais en mode pêche. Non pas pour attraper des poissons, mais des instants. Des reflets. Des signes. J’attendais quelque chose de plus fragile qu’un événement. Un regard , peut-être. Un sourire . Cette attente-là ne s’annonce pas, elle s’installe doucement, elle occupe tout. Elle ne fait pas de bruit, mais elle pèse. Fatigué, vidé par la journée, je m’y suis abandonné comme on s’abandonne au courant d’un fleuve. Alors je me suis assis sur un banc , avenue de Grammont. L’air était frais, chargé d’humidité, et la ville vibrait encore des derniers échos du jour. La nuit venait de tomber, lentement, sans drame. Le bitume luisait sous les réverbères, comme une mer grise et mouvante, une surface qui respire. Les vitrines baissaient leurs paupières de métal. Les enseignes s’éteignaient une à une. Il restait les phares, les halos, les ombres. Et moi, sur ce banc, à guetter une lumière , un signe, quelque chose ou quelqu’un qui me regarde en retour. C’est là que tout a commencé. Une lumière ...
Les histoires cachées derrière chaque image urbaine en noir et blanc